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Ce blog est un espace de partage d’infos créé autour du projet Terramorphoses Art / Culture/Société Retrouver ce projet et ses actualités sur son site: https://www.terramorphoses.com/

Kandioura Coulibaly au symposium UNESCO

UNESCO/CCI/SYMP/DOC/6

Symposium-Atelier international sur les teintures naturelles

(Hyderabad, Inde – 5-12 novembre 2006)

 

RAPPORT FINAL

 

 

 

 

Sommaire

Paragraphes

I. Introduction                                                                                             

II Cérémonie d’ouverture                                                                            

 III. Structure du Symposium-Atelier                                                         

 IV. Séances thématiques                                                                               

 V. Présentations de posters                                                                       

 VI. Ateliers de teinture                                                                                     

VII. Spectacle « Mémoire d’indigo »                                                               

 VIII. Recommandation

 IX. Cérémonie de clôture                                                                                 

 

 

 

 

 

 

I. INTRODUCTION

1. Organisé à l’initiative de l’UNESCO, en partenariat avec le Conseil indien de

l’artisanat (Crafts Council of India), le Symposium-Atelier international sur les

teintures naturelles s’est tenu au Centre de Conférences Shilpakala Vedika à

Hyderabad (Inde), du 5 au 10 novembre 2006. Quelque 700 chercheurs, artisans,

promoteurs et représentants d’organisations non-gouvernementales de 57 pays ont

participé à cet événement. La liste des participants est jointe à ce rapport

(UNESCO/CCI/SYMP/2006/INF/3).

2. Un grand nombre de personnes qui s’étaient inscrites se sont excusées de ne

pouvoir participer à cette réunion n’ayant pu trouver de financement public ou privé

et ont exprimé le vif désir de recevoir les conclusions et recommandations du

Symposium.

II. CÉRÉMONIE D’OUVERTURE

3. La cérémonie officielle d’ouverture de la manifestation a eu lieu le dimanche

5 novembre en présence de l’Honorable Ministre d’Etat pour les Textiles,

Gouvernement de l’Inde, New Delhi, Sri E.V.K. Elangovan, et de l’Honorable Ministre

du Tourisme de l’Andhra Pradesh, Dr Mme Geetha Reddy. La cérémonie a débuté

par la projection d’un film sur le thème des « Teintures naturelles : à la recherche des

couleurs perdues » (Natural dyes : in search of lost colours) (Maiwa Handprints Ltd.),

suivie de la diffusion d’un message vidéo adressé aux participants par Mme

Françoise Rivière, Sous-Directeur général pour la culture (UNESCO), les invitant à

placer leurs débats et propositions pour une action future dans le cadre des

instruments internationaux existants, plus spécialement dans celui de la Convention

sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, 2005.

4. A la suite de l’allocution de bienvenue prononcée par Sri Ashok Chatterjee,

Président d’Honneur du Conseil indien de l’artisanat, M. Indrasen Vencatachellum,

Chef de la Section des arts, de l’artisanat et du design (UNESCO), a présenté les

principaux objectifs et les résultats attendus du Symposium. Dans leurs discours, le

Ministre du Tourisme de l’Andhra Pradesh et le Ministre d’Etat pour les Textiles ont

souligné l’importance de cet événement international dans le cadre de la promotion

du développement durable en général et, plus particulièrement, au rôle culturel et

économique des teintures naturelles.

III. STRUCTURE DU SYMPOSIUM-ATELIER

5. Le Symposium-Atelier était organisé en fonction des quatre composantes

suivantes :

· Séances thématiques

· Présentations d’affiches

· Ateliers de démonstration

· Spectacle « Mémoire d’indigo »

3

IV. SÉANCES THÉMATIQUES

6. Les communications orales ont été réparties en sessions selon deux formats :

- chaque session comportait une ou plusieurs communications longues et

synthétiques, permettant de situer la problématique de la session dans son

contexte actuel et mondial ;

- ces communications synthétiques étaient complétées et illustrées au sein de

chaque session par des communications plus courtes, donnant des points de

vue aussi divers que possible sur le thème abordé.

Séance 1 : Teintures naturelles aujourd’hui : de la tradition aux nouveaux

développements

7. Le Dr Dominique Cardon a exposé la stratégie et le contenu du symposium

dans la perspective historique de l’évolution de l’importance respective des teintures

naturelles et synthétiques depuis la révolution industrielle. L'intérêt croissant pour les

teintures naturelles dans le contexte des préoccupations contemporaines concernant

la préservation de la biodiversité et les ressources renouvelables exige des efforts

communs d’un réseau international qui orienterait les programmes de recherche vers

une production équilibrée, des méthodes de commercialisation communes et des

campagnes d’information auprès des médias et du public. Le Prof. Ji-Hee Kim a

souligné l’importance des réseaux nationaux, régionaux et mondiaux qui pourraient

être créés, thème développé par le Dr Casselman à propos du Congrès de 2002 sur

les couleurs qui s’est tenu en Iowa, et qui a mis l’accent sur la notion de valeur

ajoutée, sur les capacités des communautés artisanes dans ce domaine, et le

potentiel des teintures naturelles à constituer un enjeu touristique. Cette possibilité a

été démontrée dans l'exposé de Padmini Balaram sur les pratiques artisanales dans

la région de Bastar en Inde centrale. M. Eduardo Portillo a présenté l'expérience du

Venezuela qui a réussi à promouvoir les teintures naturelles d’un créneau

commercial limité à une notoriété et un marché potentiel plus larges. Pour ce faire, il

est essentiel d’effectuer des démarches et d’établir des contacts avec les

établissements spécialisés en Europe et en Amérique du Nord. Mme Delphine Talbot

a souligné le besoin de trouver des modèleAs alternatifs de développement qui

permettraient d’utiliser les teintures naturelles au niveau industriel et de reconsidérer

certains métiers artisanaux comme exemples de diversité. Les mouvements de

consommateurs aussi bien que l'industrie de la mode pourraient être mobilisés en

fonction de leurs paradigmes sociaux, culturels et politiques.

Séance 2 : Teintures naturelles aujourd’hui : un patrimoine mondial

8. Cette séance a donné un aperçu général de la situation des teintures

naturelles dans un grand nombre de pays et présenté différentes approches de ce

thème, allant de considérations historiques au rôle joué par une ONG du Bangladesh

dans le renouveau de la production locale d’indigo et au témoignage émouvant d’un

artiste norvégien talentueux qui perpétue dans son pays l’art de l’impression par

réserve et de la teinture à l’indigo. Les politiques nécessaires pour une meilleure

reconnaissance des savoir-faire et un encouragement à la survie du métier des

teinturiers traditionnels y ont également été discutées.

4

Un des messages émergeant de cette séance est « l’éducation » dans son

sens le plus large. Le projet mené en Ouzbékistan a démontré la manière dont un

grand nombre de jeunes peuvent bénéficier au collège de cours sur les textiles.

L’artisanat et l’art des teintures naturelles ne pourraient-ils être enseignés dans les

écoles ? De quelle façon peut-on informer les responsables de l’industrie textile et le

grand public des qualités des teintures naturelles ?

On note également une prise de conscience accrue quant à l’exigence de

l’utilisation de teintures naturelles issues de ressources renouvelables. Les

préoccupations exprimées à ce sujet par les différents intervenants sont similaires :

notamment la préservation de l’environnement et la façon de diffuser les bons

messages afin d’éviter toute confusion.

Séance 3 : Teintures naturelles, un patrimoine mondial à impact social : femmes et

développement rural

9. Cette session a soulevé plusieurs questions importantes concernant le

développement des teintures naturelles et proposé des solutions :

- La préservation de l’environnement. Du Mali, Kandioura Coulibaly a demandé

le respect de la terre, tandis que Cheryl Kolander a proposé que pour un arbre

exploité, dix autres soient plantés.

- La fixation des populations dans leur région, même isolée. Rashmi Barthi et

Amy Frey ont présenté chacune le projet de leur ONG, oeuvrant respectivement dans

le nord de l’Inde et sur le plateau tibétain, pour la promotion, le développement et la

diffusion de traditions textiles menacées, afin de fournir localement une source de

revenus pour une main-d’oeuvre rurale et en particulier pour les femmes.

- Le mépris des nationaux pour leurs propres traditions. Kandioura Coulibaly a

cité le cas du bogolan, teinture à la terre, dans son pays le Mali, et Carmen Bolaños

celui de l’indigo au Salvador. Leur combat pour leur valorisation est similaire.

- La rareté des programmes actuels de développement pour préserver des

techniques traditionnelles, en particulier celles liées à l’utilisation des teintures

naturelles. Edric Ong a proposé le classement au patrimoine immatériel de

l’humanité de traditions textiles porteuses de savoir-faire et de valeurs culturelles

essentielles pour de nombreuses cultures.

- Les problèmes éthiques concernant le patrimoine foncier des artisans face à

des consortiums financiers. Cheryl Kolander a ému l’assistance en racontant

l’expulsion de leurs terres ancestrales dont ont été victimes les dernières familles

d’origine Caraïbe regroupées par Nicolas Perez Brito autour du projet Logwood en

République dominicaine.

- L’importance de l’enseignement et particulièrement celui des jeunes. Riika

Raisanen a brillamment démontré les apports multiples d’un projet pédagogique où

les teintures naturelles ont été choisies comme thème commun de l’enseignement

des différentes disciplines scientifiques et techniques dans une école d’une banlieue

d’Helsinki en Finlande.

5

- La nécessité, pour une revitalisation des savoir-faire concernant les teintures

naturelles, de bénéficier de l’impulsion de personnes « passerelles » qui permettent

la combinaison des efforts et l’échange des expériences. Adriana Buitrago Pardo a

présenté sa fondation Ytachoque qui se bat dans les hauts plateaux colombiens pour

la promotion des colorants naturels.

- L’urgence de l’établissement d’une charte internationale pour la protection et

la promotion des colorants naturels. Liz Williamson, professeur d’art et artiste

australienne, a proposé et discuté en détail quelques articles qu’elle propose

d’intégrer dans la charte en préparation.

- Les liens existant entre dynamisme des traditions de teinture naturelle et

création contemporaine. Liz Williamson en a fait la démonstration pour l’Australie.

Séance 4 : Teintures naturelles : développement durable et préservation de

l’environnement

10. La 4e séance, comme la précédente, fut inoubliable, et très émouvante par

moments. Ces deux séances ont mis l’accent sur le défi qui consiste à combiner la

« spiritualité » du travail à une démarche analytique, l’irrationnel et le rationnel. Le

message transmis au cours de cette séance était le suivant : quoi que nous fassions,

le respect de la vie, sous toutes ses formes, doit être le fil conducteur de nos actions.

Grace Guirola de Seassal (Salvador) a fait un excellent compte rendu des

problèmes philosophiques et de protection de l’environnement que doit résoudre une

personne qui crée une petite unité de production d’indigo. Shalini Sahoo a décrit de

manière très sensible son travail au sein des tribus du Nord-Est de l’Inde. Un court

extrait de sa présentation résume ses sentiments envers ces personnes

extraordinaires. « Je m’étais liée d’amitié avec Ja, une grand-mère teinturière de 79

ans. Dans son petit jardin, elle allait d’une plante à l’autre en s’assurant de ne pas en

prélever trop de substance. Elle me recommanda plusieurs fois de ne pas tirer trop

fort sur les plantes en les coupant. Sa relation privilégiée avec les plantes reste très

vive dans ma mémoire». Le « Manifeste Ethique » de Shalini constitue une

contribution valable au débat sur les standards. Luc Elina Herinivonirina a évoqué les

inquiétudes des teinturiers malgaches face à l’exploitation non contrôlée des

ressources végétales de leur environnement sous l’influence des pays développés.

Pour le côté « rationnel » du débat, Pajaera Patanthabutr (professeur

assistante en Thaïlande) a présenté des recherches très intéressantes en vue de

l’amélioration des techniques de teinture par les colorants naturels, en vue

notamment d’une réduction de l’emploi des mordants afin de supprimer les

problèmes environnementaux posés par l’usage de métaux lourds. Quant à India

Flint, elle a exposé très clairement son travail en Australie avec des mordants

alternatifs, appliqués au cas de la teinture à l’eucalyptus.

6

Séance 5 : Progrès scientifiques et techniques dans le domaine des teintures

naturelles

11. « Spindigo », est un projet de recherche sur la production d’indigo naturel en

Europe, mené dans cinq pays différents, sous le patronage de l’Union Européenne.

Ce projet a développé des méthodes pour purifier le produit et minimiser les pertes

durant le processus de production. Ces méthodes peuvent être utilisées dans

d’autres pays producteurs d’indigo en modifiant les procédures.

Une nouvelle méthode de teinture impliquant un prétraitement enzymatique

des textiles et l’extraction ultrasonique des colorants a été présentée lors de cette

session : elle rend le processus de teinture plus efficace, pour un coût modeste.

De nouvelles sources de colorants naturels, issus de différentes bactéries et

moisissures sont à présent disponibles et peuvent élargir la variété des teintures

naturelles applicables à diverses fibres. Un autre progrès possible, présenté lors de

cette séance, consiste à développer des procédés permettant de rendre solubles

dans d’autres solvants certains colorants végétaux non hydrosolubles de manière à

pouvoir les appliquer à la teinture de textiles.

La découverte de nouveaux colorants naturels et leur application à des fibres

textiles rares représente un autre progrès scientifique et technique possible.

Séance 6 : Du passé au futur : la contribution de la recherche archéologique et

anthropologique

12. Cette séance était consacrée à la contribution des sciences sociales à notre

connaissance des teintures naturelles, des matériaux et techniques, et à l’apport de

la recherche scientifique dans ce domaine. Les intervenants durant cette séance

venaient du monde entier, de l’Amérique du Sud à l’Asie.

Cette séance a mis en évidence l’interconnexion qui existe entre tous les

aspects de la recherche et du développement des teintures naturelles.

Mabel Ladaga et Verónica Marchant ont mis l’accent sur la nature

collaborative de leurs recherches respectives en Argentine et au Chili qui a mis en

évidence l’interrelation entre les deux régions étudiées et l’importance des savoirfaire

et procédés techniques communs aux deux régions, justifiant pleinement leur

démarche d’échange d’idées et de connaissances.

Ana Roquero Caparros a insisté sur le rôle important des artisans dans la

protection et la transmission de leur savoir, et a proposé leur reconnaissance

nationale et internationale en tant que « trésors vivants » !

Dans sa présentation sur « le mythe de l’indigo, une ethno-industrie en voie de

disparition à Taiwan », le Dr Jui-Tseng Lee a souligné l’importance de la

communication auprès du public et des teinturiers à propos de l’indigo, qui a motivé

la création d’une Association de teinturiers à l’indigo à Taiwan.

7

En conclusion de cette séance, apparaît clairement la nécessité de poursuivre

une recherche multidisciplinaire dans le domaine de la teinture à l’indigo tout en

maintenant une communication transparente et ouverte entre tous les responsables

dans ce domaine ainsi que les groupes de support.

Séance 7 : Développement économique et commercialisation des teintures naturelles

13. Dans un monde saturé de teintures synthétiques, il est impératif que les

teintures naturelles soient économiquement viables. Si l’on veut être réaliste dans

l’évaluation des chances de renouveau des colorants naturels, force est de

reconnaître qu’ils ne sauraient supplanter les teintures synthétiques mais peuvent en

revanche constituer un complément irremplaçable. Il y a une relation entre une

teinture naturelle et sa source qui n’existe pas dans le cas d’un colorant synthétique.

Connexion intime avec les plantes, les animaux et la terre qui donnent la couleur. Ce

patrimoine constitue la richesse de l’art, de l’artisanat et du design traditionnel.

Comment les pratiques commerciales peuvent-elles parvenir à séduire le

public et créer le climat économique nécessaire pour favoriser la production des

teintures naturelles et des textiles teints avec ces colorants ? Comment les couleurs

tirées de la nature peuvent-elles être redécouvertes et comprises par le public ?

Comme exemple, Eber Lopes Ferreira présenta le Projet Coexis au Brésil ; Kazuki

Yamazaki expliqua l’art des plantes tinctoriales, le kusaki-zome, la longue tradition et

la profonde appréciation des teintures naturelles au Japon. Stefano Panconesi

exposa les tendances actuelles et émergentes dans les teintures naturelles et les

textiles en Italie et dans toute l’Europe. Noorjehan Bilgrami partagea son expérience

au Pakistan et sa recherche continuelle pour trouver des marchés pour les teintures

naturelles en se servant de produits aux designs magnifiques qui mettent en valeur

les couleurs.

Séance 8 : Synergies pour le développement des teintures naturelles : le rôle des

gouvernements, des ONG, des producteurs et des consommateurs

14. Durant cette séance, les intervenants ont mis l’accent sur l’importance :

· du rôle des gouvernements dans l’élaboration des plans d’action pour la

promotion des teintures naturelles (exemple de Madagascar), dans la

promulgation de lois pour la protection des plantes tinctoriales, aussi bien pour

leur collecte que leur exportation ;

· de la valeur ajoutée apportée par l’emploi des teintures naturelles dans un

système de commerce équitable ;

· de l’amélioration de la culture des principales plantes tinctoriales, qui apparaît

dans certains pays comme un moyen de diversifier les récoltes (par la

mécanisation, la sélection variétale, le perfectionnement des procédés

d’extraction) ;

· du développement d’outils éducatifs dans les écoles et de la communication

avec le public pour une meilleure connaissance des teintures naturelles,

incluant l’information sur les aspects liés à la santé des producteurs et

usagers des colorants synthétiques ou naturels.

8

Certains problèmes techniques et méthodologiques auxquels font face les

ONG et les diffuseurs et promoteurs des teintures naturelles ont été identifiés comme

suit :

· nécessité d’une réduction de l’utilisation des mordants métalliques ;

· recherche de politiques adaptées pour une gestion raisonnée en vue du

développement durable des colorants naturels ;

· nécessité de concilier préservation du patrimoine culturel et avances

technologiques afin de « transformer les tisserands en techniciens » ;

· importance d’encourager le progrès technologique dans le domaine des

teintures naturelles.

V. PRÉSENTATIONS DE POSTERS

15. 34 posters ont été présentés. Les annulations de dernière minute ont été

largement compensées par les propositions tardives qui ont été acceptées étant

donné que des supports supplémentaires avaient été préparés à cet effet.

Les présentations orales des posters par leur auteur avaient été prévues en

quatre groupes, répartis suivant l’ordre alphabétique des noms. Les présentations

ont eu lieu chaque après-midi.

Le nombre limité de visiteurs à chaque session (dû au déroulement simultané

des ateliers de teinture à Shilparamam Park) a permis des discussions longues et

fructueuses entre auteurs et entre les auteurs et les visiteurs dans un espace

tranquille.

Des sujets très importants en rapport aussi bien avec les sujets présentés par

les affiches qu’avec les questions soulevées lors des séances du Symposium ont été

débattus pendant ces rencontres et ont ainsi prolongé les discussions du matin. Les

présentations d’affiches ont été généralement d’un niveau élevé, incluant même des

exemples remarquables de création artistique.

VI. ATELIERS DE TEINTURE

16. Les démonstrations de teinture étaient regroupées sous quatre thèmes :

· Thème I – Teintures à l’indigo : l’indigo dans le monde – la pourpre

· Thème II – Teintures rouges d’insectes

· Thème III – Noirs et marrons

· Thème IV – Teintures naturelles dans les techniques de décoration textile,

tradition et innovation

· Thème V – Teintures naturelles sur fibres rares ou précieuses

Le programme des ateliers a été préparé par Mme Dominique Cardon en

collaboration avec l’Association Dastkar Andhra qui a, en concertation avec le

Conseil indien de l’artisanat, sélectionné les artisans teinturiers devant illustrer la

participation indienne aux différents thèmes.

Les installations se sont révélées à l’usage parfaitement adaptées et pratiques.

Chaque teinturier a disposé de l’aide efficace et amicale de volontaires de Dastkar

Andhra et d’étudiants qui, réciproquement, ont largement bénéficié des

9

démonstrations présentées par les teinturiers étrangers qu’ils n’auraient pas pu

rencontrer dans d’autres circonstances et dont ils n’auraient pas pu profiter de

l’enseignement. Le nombre de visiteurs chaque après-midi, durant trois heures, était

considérable et leur intérêt et leur enthousiasme ont, par exemple, encouragé les

teinturiers du Mali à présenter une démonstration supplémentaire de teinture bogolan.

Une autre séance supplémentaire a été organisée par un teinturier Naga du Nord Est

de l’Inde qui a présenté trois teintures de sa région.

La circulation entre les sites a permis l’accès à toutes les démonstrations et la

proximité des groupes entourant chaque site a encouragé les questions et

discussions entre les teinturiers et les spectateurs. Une session « questionsréponses

» a dû être organisée en fin d’après-midi pour permettre à toutes les

questions posées de trouver une réponse. Durant une séance improvisée entre des

artisans de Dastkar Andhra, des étudiants et Mme Cardon, il apparut que cette série

d’ateliers avait suscité un grand intérêt et inspiré des vocations parmi les jeunes

étudiants et designers. Les échanges entre les teinturiers de différents pays ont été

également très fructueux, à cause, à la fois, des similitudes générales et des

différences significatives dans la pratique des techniques de teintures présentées.

L’atmosphère amicale qui prévalait a assuré un partage généreux et total de

connaissances entre les teinturiers. Ainsi, les démonstrations d’indigo ont été très

intéressantes et utiles pour les teinturiers de Madagascar où, dans certaines régions

du pays, les techniques de teinture à l’indigo naturel ne se sont pas conservées.

Leurs contacts avec les teinturiers à l’indigo leur ont permis d’obtenir des recettes et

conseils pour revitaliser la teinture à l’indigo avec des procédés simples.

Comme prévu, les discussions pratiques ont constitué des moments

privilégiés qui ont mené à des projets de collaboration.

VII. SPECTACLE « MÉMOIRE D’INDIGO »

17. La représentation spectaculaire créée par M. Nasser Soumi, artiste palestinien

de renom, interprétait sa vision de l’origine et l’émergence de l’indigo. Les spectacles,

inspirés par les activités de la journée, ont eu lieu lors de trois soirées. Dirigés par

deux chorégraphes, Luigia Riva et Anita Ratnam, les danseurs ont ravi le public par

leur performance originale. La musique insolite du groupe de musiciens « Sounds of

Isha » a créé une ambiance favorable à la réceptivité de l’aspect spirituel du

spectacle et a considérablement participé à la fascination du public. Les chansons

improvisées étaient une rencontre de langues et de styles divers.

10

VIII. RECOMMANDATIONS

18. Les participants ont examiné les principales recommandations issues des

discussions qui ont suivi les séances du Symposium ainsi que des échanges

d’expériences durant les ateliers. Ces recommandations constituent un Plan d’action

à court et moyen termes :

(a) À court terme

· Dans le but de développer un système de diffusion d’informations sur les

teintures naturelles et d’échange entre producteurs et utilisateurs, il est

recommandé :

i. qu’un réseau des sites Internet existants ou à venir, aux niveaux local,

national et régional, soit établi. Ce réseau serait géré selon un système

d’accès réservé aux abonnés, sur le modèle de « Wikipedia » par

exemple ;

ii. que l’information sur les matières premières disponibles soit largement

diffusée ;

iii. qu’une Fédération des Associations concernées par les colorants

naturels soit créée.

· Prenant en considération le besoin urgent d’assurer la viabilité économique

des teintures naturelles, il est recommandé d’élargir le marché aux

consommateurs dans d’autres domaines d’activités (comme la cosmétique,

l’alimentation, la peinture), qui pourraient surpasser la consommation du

secteur textile.

· Afin d’éviter que d’importantes compagnies internationales ne s’approprient

les droits sur les plantes tinctoriales sauvages utilisées par une communauté

particulière pour leur seul profit, il est recommandé qu’un système de

protection soit établi au niveau national.

(b) À moyen terme

· Dans le cadre de la diversification agricole et de la protection de la biodiversité,

il est recommandé d’entreprendre les études suivantes :

i. sur la sélection de plantes, de leur collecte à leur culture (sur le modèle

de « Couleurs de plantes » en France) ;

ii. sur la gestion des ressources naturelles disponibles au niveau national.

· Compte tenu des liens étroits entre l’éducation à l’écologie, l’utilisation des

teintures naturelles et la sélection des fibres, et afin de satisfaire les besoins

du secteur de l’artisanat, il est recommandé d’introduire des cours sur la

préservation de l’environnement qui tiennent compte de la teinture naturelle

dans les programmes scolaires.

· Afin d’assurer la promotion des produits à base de teintures naturelles sur les

marchés nationaux et internationaux, il est recommandé d’établir un système

d’écolabels ou de certification, comme le Label d’Excellence promu par

l’UNESCO.

11

IX. CÉRÉMONIE DE CLÔTURE

19. Les participants se sont réunis pour la dernière séance du Symposium l’aprèsmidi

du vendredi 10 novembre, pour l’adoption du Rapport provisoire et des

Recommandations de la réunion. Après une courte présentation de M. Indrasen

Vencatachellum (UNESCO), le Dr Dominique Cardon lut le rapport, lecture suivie

d’une discussion animée entre les participants et d’une série de questions/réponses.

Les Recommandations du Symposium ont été adoptées.

20. Le moment d’émotion de cette séance a été suscité par l’intervention des

représentants des participants. M. Fausto Contreras Lazo et Mme Claudine

Randriambololona ont pris la parole pour délivrer un très cordial message de

remerciements aux organisateurs.

21. En témoignage de gratitude et de reconnaissance pour leur précieuse

contribution à la réalisation de cet événement, M. Vencatachellum a remis des

médailles UNESCO à M. Ashoke Chatterjee, Dr Dominique Cardon et M. Nasser

Soumi.

22. La cérémonie de clôture officielle s’est déroulée en présence de Mme Renuka

Choudhary, Hon. Ministre de l’Union pour le Bien-être de la Femme et de l’Enfant.

Dans son allocution, M. Ashoke Chatterjee, en tant que Président du Symposium, a

présenté brièvement les résultats de la manifestation. Il a été suivi par M. Indrasen

Vencatachellum qui, au nom de l’UNESCO, a exprimé sa satisfaction pour le bon

déroulement de cet événement et sa gratitude envers les partenaires qui ont

collaboré à la mise en oeuvre de cette activité et à tous les participants qui sont