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Documents pour alimenter Terramorphoses, une oeuvre participative.

Ce blog est un espace de partage d’infos créé autour du projet Terramorphoses Art / Culture/Société Retrouver ce projet et ses actualités sur son site: https://www.terramorphoses.com/

CHANGEMENTS: Christiane Geoffroy/ Elizabeth de Fontenay/ Association Kokopelli

Publié le 3 Août 2012 par Balladart in Société, art et culture

 

Christiane Geoffroy est artiste et professeur à l’école supérieure des Arts Décoratifs de

Strasbourg son travail est orienté vers la science, la philosophe des sciences, la bioéthique ...

    

Voici un lien vers un article où elle interview Vitaly Volobouev, chercheur au laboratoire

"Origine, Structure et Evolution de la Biodiversité" au Museum National d’Histoire Naturelle à Paris.

 http://www.christianegeoffroy.com/cms/upload_user_files/file/Vitaly%20Volobouev.pdf

Ce scientifique à eu l’idée de constituer une collection de cellules congelées d’animaux.

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Au delà de la reproduction technique d'une oeuvre* "à l'ére de la reproduction technique" (et au delà des oeuvres reposant sur le principe de multiples à l'ère de la reproduction technique!!!) voir les boites de soupe d'Andy Warhol ou encore, plus fort: les boites de conserves contenant la merde de l'artiste italien Piero Manzoni; la reproduction et la conservation ne sont plus seulement une question purement biologique, cul-tuelle, cul-turelle ou spé-cul-lative, il s'agit maintenant tout simplement de conserver la vie elle même. Mais qu'est ce que la vie?

tout fout-t-il le camp???

...Sommes nous dans un univers en mutation?

 

* " L'oeuvre d'art à l'ére de la reproduction technique" Walter Benjamin

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Qu’est-ce que le changement ?

Emission sur France culture

 

Questions abordées: "Qu'est ce que le changement, l'origine, le temps" :

  

 "Quand nous disons que ça change, qu’est-ce qui change ? Vouloir répondre à ces questions, c’est accepter d’affronter un paradoxe, de soumettre notre logique à une épreuve terrible que les Grecs avaient entrevue. Car de deux choses l’une : ou bien l’être ou l’objet particulier dont on dit qu’il change demeure un et le même, et alors il n’a pas changé ; ou bien il a vraiment changé, et alors on ne peut plus dire qu’il est un et le même."

 

"Être ou changer, il faudrait en somme choisir. 

 La physique a-t-elle quelque chose à dire à ce sujet ?"

http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4465809

 

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   Et qu'en est-il de la philosophie:

Dans un livre magistral, la philosophe Elisabeth de Fontenay poursuit sa réflexion sur la frontière invisible entre le monde animal et le genre humain

 http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20080716.BIB1724/l-039-homme-cette-drole-de-bete.html 

«Sans offenser le genre humain», on pourrait lui dire ses quatre vérités. Lui dire par exemple qu'il n'est pas seul au monde, que la cause animale est aussi la sienne, et qu'il se détruit de l'intérieur en martyrisant les bêtes, tandis que la biodiversité se réduit comme une peau de chagrin. Lui demander à quoi il emploie ses qualités spécifiques, ses miracles techniques, ses pouvoirs exorbitants. L'inviter à prendre conscience des souffrances qu'il inflige étourdiment à des êtres sans défense, au nom de la raison du plus fort. Lui rappeler qu'il n'est pas seul à jouir, à souffrir et à mourir. Et que les êtres vivants ne sont pas des objets comme les autres. Est-il honteux, est-il ridicule d'être bouleversé par la souffrance d'un cheval ou d'un phoque, par les abattoirs, par les massacres de vaches folles et de volatiles suspects de sras? Mais est-il admissible d'exposer, comme le fait l'artiste d'avant-garde Eduardo Kac, des lapins fluorescents, des «organismes artistement modifiés», des monstres au goût du jour destinés à satisfaire une «sinistre pulsion scopique»?

La question est lancinante. Faut-il reléguer aux calendes grecques l'examen de la question animale, sous prétexte que les souffrances infligées aux humains seraient plus graves, et en quelque sorte sacrées ? Ou faut-il au contraire araser toute différence, détruire la vieille notion d'exception humaine, traiter l'animal comme un homme, promouvoir les grands singes au rang de sujets de droit ? Ni l'un ni l'autre, mon capitaine !

Une matriarche de la Bible

A ce dilemme effrayant, Elisabeth de Fontenay n'en finit pas de s'affronter, de livre en livre, tout en frayant pour la philosophie une voie nouvelle, une éthique généreuse qui refuse les stéréotypes des deux camps. «Je suis assise entre deux chaises et je tiens à cette position.» Défendre la cause animale, oui. Offenser le genre humain, non. Plaider pour le respect des autres formes de vie, oui. Mais sans dénier pour autant à l'homme sa place singulière - à la condition de reconnaître que cette singularité n'est pas un privilège mais une charge.

©Patrick Gaillardin

 

Elisabeth de Fontenay est née en 1934. Agrégée de philosophie, on lui doit notamment «les Figures juives de Marx» (1975), «le Silence des bêtes» (1998) et «Diderot ou le matérialisme enchanté» (2001).

On le voit, loin d'être offensé, le genre humain est honoré par le courage d'une personne telle qu'Elisabeth de Fontenay, libre et lucide, une matriarche de la Bible qui aurait lu Diderot (1). Héritière des Lumières, brillant produit du système éducatif français, élève de Vladimir Jankélévitch, admiratrice de Hans Jonas, elle a conscience d'être une «marginale», une émigrée de l'intérieur. Et bien sûr, c'est grâce à ce regard excentré (et parfois excentrique!) qu'elle réussit à mettre en évidence ce que d'autres passent tranquillement sous silence - et à faire entrer de plein droit la compassion dans la philosophie. Mais d'où lui vient ce point de vue décalé qui rend sa vision irremplaçable ? «Au collège catholique de Sainte-Marie où j'ai fait mes études sans savoir que ma mère était juive, j'étais plutôt indisciplinée je me sentais différente, mais mes camarades me trouvaient «chevaleresque» et les religieuses m'aimaient bien parce que j'étais bonne en versions grecque et latine.» (...)

Le propre-de-l'homme

Après «le Silence des bêtes», ce livre qui a fait date dans l'histoire de la philosophie, elle persiste et signe et scrute son obsession. Qu'en est-il, finalement, de cette fameuse frontière invisible que l'on appelle vaguement le propre-de-l'homme? Existe-t-elle? A quoi sert-elle? Est-il souhaitable de l'abolir? «On peut aller très loin dans la protection des animaux sans demander pour autant l'extension des droits humains aux grands singes. Il est vrai que nous sommes des primates, avec 99% de gènes en commun avec les chimpanzés. Mais la science ne peut dicter le droit. Sa fonction est de décrire le réel, pas d'édicter une norme. Nous sommes une espèce animale mais nous nous déclarons genre humain. Il ne s'agit pas tant de défendre nos droits que de reconnaître nos devoirs.»

Car ce qui est en question, dès qu'il s'agit des bêtes, c'est bien la destinée de l'être humain au sens défini, superbement, par Rimbaud: «Voleur de feu, chargé de l'humanité des animaux mêmes.» Ces animaux... qui nous regardent.

C.D. 

«Sans offenser le genre humain. Réflexions sur la cause animale»,

par Elisabeth de Fontenay, Albin Michel, 216 p., 18 euros.

(1)   «Diderot ou le matérialisme enchanté», Grasset, 1979.

 

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Le vivant c'est aussi le monde végétal, aujourd'hui menacé par les organismes génetiquements modifiés ... à découvrir absolument les actions de l'association Kokopelli, si vous ne les connaissez pas encore!

Association Kokopelli pour la Libération de la Semence et de l’Humus

http://kokopelli-semences.fr/articles/planete_terre_planete_desert

"Présentation:

Kokopelli est une association à but non lucratif, fondée en 1999 par Dominique et Sofy Guillet, Les militants de l’association œuvrent pour la Libération de la Semence et de l’Humus et la Protection de la Biodiversité alimentaire, en rassemblant tous ceux et toutes celles qui souhaitent préserver le droit de semer librement des semences potagères et céréalières, de variétés anciennes ou modernes, libres de droits et reproductibles. Et en rassemblant aussi tous ceux et toutes celles qui souhaitent continuer à chuchoter, à l’oreille de leurs voisins, les recettes des purins de plantes (ortie, prêle...) et d'autres ingrédients naturels et peu onéreux, sans se voir accusés de concurrence déloyale envers les multinationales vendeuses de poisons, celles qui s'auto qualifient de "sciences de la vie", celles-là même qui détruisent inexorablement et impunément la biosphère, incluant l'humanité, depuis des dizaines d'années, celles-là même qui ont fait de notre belle planète, la Terre, une poubelle génératrice de cancers.

 

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Extrait :

"Il est du principe de l'œuvre d'art d'avoir toujours été reproductible. Ce que des hommes avaient fait, d'autres pouvaient toujours le refaire. Ainsi, la réplique fut pratiquée par les maîtres pour la diffusion de leurs œuvres, la copie par les élèves dans l'exercice du métier, enfin le faux par des tiers avides de gain. Par rapport à ces procédés, la reproduction mécanisée de l'œuvre d'art représente quelque chose de nouveau ; technique qui s'élabore de manière intermittente à travers l'histoire, par poussées à de longs intervalles, mais avec une intensité croissante. Avec la gravure sur bois, le dessin fut pour la première fois mécaniquement reproductible il le fut longtemps avant que l'écriture ne le devînt par l'imprimerie. La gravure sur bois du Moyen-âge est suivie de l'estampe et de l'eau-forte, puis, au début du XIXe siècle, de la lithographie. Avec la lithographie, la technique de reproduction atteint un plan essentiellement nouveau. Ce procédé beaucoup plus immédiat, qui distingue la réplique d'un dessin sur une pierre de son incision sur un bloc de bois ou sur une planche de cuivre, permit à l'art graphique d'écouler sur le marché ses productions, non seulement d'une manière massive comme jusques alors, mais aussi sous forme de créations toujours nouvelles. Grâce à la lithographie, le dessin fut à même d'accompagner la vie quotidienne. Il se mit à aller de pair avec l'imprimé. Mais la lithographie en était encore à ses débuts, quand elle se vit dépassée, quelques dizaines d'années après son invention, par celle de la photographie. Pour la première fois dans les procédés reproductifs de l'image, la main se trouvait libérée des obligations artistiques les plus importantes, qui désormais incombaient à l'œil seul. À la reproduction même la plus perfectionnée d'une œuvre d'art, un facteur fait toujours défaut : son hic et nunc, son existence unique au lieu où elle se trouve. Sur cette existence unique, exclusivement, s'exerçait son histoire. Nous entendons par là autant les altérations qu'elle peut subir dans sa structure physique, que les conditions toujours changeantes de propriété par lesquelles elle a pu passer. Le hic et nunc de l'original forme le contenu de la notion de l'authenticité, et sur cette dernière repose la représentation d'une tradition qui a transmis jusqu'à nos jours cet objet comme étant resté identique à lui-même. Les composantes de l'authenticité se refusent à toute reproduction, non pas seulement à la reproduction mécanisée. L'original, en regard de la reproduction manuelle, dont il faisait aisément apparaître le produit comme faux, conservait toute son autorité ; or, cette situation privilégiée change en regard de la reproduction mécanisée. On pourrait réunir tous ces indices dans la notion d'aura et dire : ce qui, dans l'œuvre d'art, à l'époque de la reproduction mécanisée, dépérit, c'est son aura. Qu'est-ce que l'aura ? Une singulière trame de temps et d'espace : apparition unique d'un lointain, si proche soit-il. Sortir de son halo l'objet en détruisant son aura, c'est la marque d'une perception dont le sens du semblable dans le monde se voit intensifié à tel point que, moyennant la reproduction, elle parvient à standardiser l'unique." 

Walter Benjamin - Éditions Gallimard

 

 

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De la visibilité

Avant-propos,

Extrait :
"L'infléchissement de mes travaux vers une analyse sociopolitique du statut d'artiste m'a amenée à repenser la question de la célébrité comme un déplacement du prestige accordé aux artistes depuis la Révolution : déplacement des créateurs, très présents au XIXe siècle, aux interprètes, dont le statut s'élève considérablement au XXe siècle, pour les raisons et avec les effets que l'on va voir. Voilà qui replace le projet initial dans la continuité d'une problématique quasi constante depuis mon premier livre consacré à Van Gogh : celle de la singularité, dont on va voir comment, après s'être constituée en valeur avec l'avènement du régime démocratique, elle prend un exceptionnel essor dans le « régime médiatique », tel qu'il s'est mis en place durant le siècle en lequel nous sommes nés... 
Chapitre 1, extrait :
« De nos jours, au lieu de voir comme jadis quelques centaines de visages dans le cours d'une vie, nous pouvons en voir un millier au cours d'une seule émission d'actualités télévisée », remarque un psychologue américain. Et certains visages sont, bien sûr, beaucoup plus souvent exposés aux regards que d'autres : acteurs et chanteurs en particulier bénéficient - ou pâtissent - de cette surexposition, à la fois conséquence et cause de leur célébrité. [...] Cette modification capitale, caractéristique du monde moderne, aurait pu trouver un théoricien en la personne du philosophe allemand Walter Benjamin si celui-ci, obnubilé par sa culture lettrée et par son dédain esthète, propre à l'école de Francfort, pour la culture populaire de masse, n'avait focalisé sur les seules œuvres d'art - dont la portée pour l'expérience commune est pourtant limitée - sa remarquable intuition, développée dans l'entre-deux-guerres, sur la « reproductibilité technique » et ses incidences quant à notre rapport aux images. Car la quête de l'original au-delà des reproductions, et la tension entre le lointain et le proche créée par cet écart, s'appliquent au moins autant - et en tout cas de façon beaucoup plus spectaculaire dans la culture dite de masse - aux visages des célébrités qu'aux grandes œuvres de la culture visuelle. À cette regrettable limitation de son objet s'ajoute une erreur d'interprétation, lorsqu'il suggère que l'aura de l'œuvre d'art originale - cette « unique apparition d'un lointain, si proche qu'elle puisse être », selon sa définition obscurément poétique - serait « atteinte » par ses reproductions, comme si celles-ci constituaient une dégradation de celle-là (« au temps des techniques de reproduction, ce qui est atteint dans l'œuvre d'art, c'est son aura »). Certes, « à la plus parfaite reproduction il manque toujours quelque chose : l'ici et le maintenant de l'œuvre d'art - l'unicité de sa présence au lieu où elle se trouve » ; mais c'est l'existence même des reproductions mécaniques depuis l'invention de la photographie qui, par contraste, a pu doter les originaux d'une valeur inédite : sans les reproductions, il n'y aurait pas d'aura, laquelle est donc bel et bien créée par celles-ci. La multiplication à l'infini des reproductions techniques de l'image creuse l'écart entre l'original et ses répliques, augmentant d'autant la valeur d'authenticité de l’original. Ce point est capital, puisqu'il permet de donner sens à la quête de l'origine au-delà des reproductions - mais appliquée aux personnes et non plus aux œuvres d'art - qui depuis près d'un siècle occupe une place et mobilise une énergie émotionnelle considérables, dans la vie de centaines de millions de gens sur toute la planète."


Nathalie Heinich - Éditions Gallimard

 

 

 

 

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