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Conte 2 : "Le garçon et l'arbre"

Publié le 4 Mars 2008 par lulu Balladart in Doc Lulu























ll était une fois un petit garçon  grave et solitaire dont personne ne
connaissait le nom arrivé depuis peu dans ce quartier des fabriques
situé dans une ville portuaire animée.


Trois fois par jour le gamin avait prit l’habitude de s’asseoir seul sur un banc désert qu’il avait débarrassé du lichen  et de la mousse qui le recouvrait. Ce moment passé là, sans bouger, juste attentif pour la première fois de sa vie à sa seule présence à lui même, avait été une expérience si nouvelle, si étrange, que depuis, chaque instant de liberté qu’il pouvait s’octroyer, il le passait là.

La deuxième fois qu’il s’était assis sur ce banc, il avait ressentit une présence bienveillante, mais ne pouvait s’expliquer la chose car il se savait seul dans ce petit jardin oû il venait de prendre refuge après sept heures de travail harassant et mécanique.

Ce n’est qu’au bout de sa troisiéme visite qu’il comprit d’oû lui venait cette sensation; lors d’un moment de torpeur qu’il mit sur le compte de la fatigue, dans une sorte de songe, il se vit conversant avec un vénérable vieillard qui se présenta comme étant l’Arbre du jardin.
Le viellard lui dit combien il était heureux de  l’accueillir dans ce jardin oublié des hommes depuis presque un siècle.

Lorsqu’il reprit ses esprits, l’enfant en effet remarqua un bel arbre qui se trouvait silencieux tout contre le banc de pierre, c’était la première fois qu’il regardait vraiment un arbre, il fut surprit de le trouver  beau alors qu’il n’y avait pas même prêté attention lors de ses précédentes visites.

Un soir alors qu’il était très tard, sa journée de travail avait été plus longue et pénible qu’à l’accoutumé, le garçon s’assit immobile à la seule lueur d’un petit lampion accroché sur la branche basse d’un arbuste et sombra dans une douce torpeur, il perçu somnolant, la voix de son nouvel ami continuer à lui conter sa longue vie… un marchand de tissus l’avait rapporté deux cent ans plus tôt, d’un de ces nombreux voyages au Japon pays voisin, alors qu’il n’était encore qu’une petite pousse de Ginko Biloba,
Ce commerçant, petit homme raffiné et curieux, l' avait planté avec soin dans la partie du jardin la plus propice à sa croissance.
Cet emplacement  lui avait été profitable et s’était révélée en outre providentielle, car depuis les grands bouleversements qu’avait connue cette partie de la ville, le jardin avait était amputé au trois quart, c’était presque incroyable de trouver encore un peu de nature oubliée au milieu de tous ces immeubles qui semblaient comme imbriqués les uns dans les autres.

A l'occasion d'une autre rêverie, il lui conta encore la beauté de la petite bourgade d’antan, à l’époque ou de nombreux oiseaux venaient encore nicher dans ses majestueuses branches.
L' arbre lui apprit que les oiseaux eux aussi pouvaient communiquer avec les humains et qu’il en était ainsi, à leurs manières, des autres espèces animale et des plantes

Mais les oiseaux avaient maintenant pratiquement disparus, ceux qui n’étaient pas mort à causes des pollutions industrielles multiples avaient été éradiqués par le gouvernement, pour éviter une pandémie.
Les seuls  survivants à plumes se trouvaient maintenant  parqués dans un Zoo situé à trois cent kilomètres de là, surveillés de prés par des brigades de biologistes et de vétérinaires, c’est pourquoi le garçon fut émut d’imaginer que les parents ou grands parents de ces volatiles qu’il avait vu la bas, aient pu voler un jour librement au dessus de son ami.
    
C’est ainsi qu'une année s'écoula … l’enfant avait beaucoup changé, son expression grave était toujours présente mais on pouvait percevoir maintenant chez lui une force nouvelle, traduite par des gestes plus précis et une sérénité communicative que les trois autres enfants qui occupaient sa minuscule chambrée, partageaient silencieusement.
Ces rencontres avec l’arbre séculaire dans ce mystérieux jardin, avaient déclenchées chez lui le désir, de découvrir si il existât encore, dans le vaste monde des endroits ou d’autres arbres seraient encore survolés d'oiseaux planants libres dans le ciel.

Un jour il en avait l’intuition il irait s’en assurer…

                                                                                                                                                                  Lulu balladart 2008
Illustration de gauche Patients CHU Angers   (Service Fissinger) 
Illustration de droite "Atelier Gaubourg"  Angers  (d'aprés un tableau de M. Chagal.) 

cf. Fabienne Verdier: Passagère du silence    
cf. J. prévert: "Pour faire le portrait d'un oiseau" / "paroles"
cf: Clarissa PinKola Estes "Le jardin de l'Eden"
cf: Baudelaire poème "l'albatros"


Commenter cet article

claire 17/04/2008 09:25

Les oiseaux sont-t-ils une métaphore pour parler des intelectuels, artistes ou religieux (éradiqués eux aussi par la révolution culturelle) dont nous parle Fabienne Verdier dans son livre?